Saveurs Ancestrales

Informations

Astrologie chinoise
Astrologie chinoise tigre
Signe astrologique
Signe astrologique
capricorne
Couleur des yeux
Couleur des yeux
Taille
Taille
0 cm
Nom :
Albert Chassagne
Naissance :
01 janvier 1878
Décès :
01 janvier 1932
Nationalité :
Française
Conjoint :
Angèle Chassagne (union_libre )

Lieu de naissance

Lieu de résidence

Portrait

J'ai beaucoup entendu parler de ce grand-père que j'ai peu connu.Ce n'est pas le portrait d'un bon grand-père affectueux et indulgent que je vais dresser mais d'un homme sérieux, sévère avec les autres comme avec lui-même. Intelligent et très volontaire, Albert était né à Cadillac sur Garonne dans une famille pauvre de paysans sans terre. Deuxième enfant de Charles et de Marie Croiset (dite Léontine) de braves gens dont la seule ambition était de ne pas mourir de faim. Très jeune Albert montra caractère énergique et décidé à s'élever un peu dans l'échelle sociale, peut être aussi en opposition avec le fatalisme et le manque d'ambition de son père. Très bon élève d'une école libre, il ne put aller à l'école au-delà du certificat d'études et dès juillet 1890 il dut gagner sa vie. A cette date un contrôleur de contributions l'embauchat pour sa belle écriture mais aussi pour faire courses et corvées. Il apprend tout de même des rudiments de comptabilité et à 14 ans entre comme commis à la banque Lataste où il reste jusqu'à son service militaire. Il part à 18 ans, devançant l'appel pour choisir son régiment : l'unité de musique militaire du régiment d'artillerie d'Angoulême où il apprend à jouer du cornet à piston car la musique le passionne. Plus tard, ce sera pour lui non seulement un loisir mais un moyen de gagner quelque argent.<BR>Une anecdote est restée dans la mémoire familiale associée à cette période, quand Albert avait une permission, sa tante "vannière" lui faisait cuire une belle entrecôte et prenait plaisir à regarder son neveu manger de bel appétit une portion, deux portions puis un petit bout , un autre jusqu'à ce que le plat soit vide.<BR>Ensuite il s'installa à Bordeaux et travailla en tant que comptable dans la même entreprise que le grand-père Hountou. Après 10 heures de travail, il suivait les cours de la société philomatique et le samedi soir et le dimanche après-midi il jouait dans des orchestres . Pas de la grande musique mais pour des sauteries ou des mariages : les quelques francs gagnés étaient sérieusement économisées.<BR>En 1903, il épousa Angèle qui venait d'avoir 20 ans ménage, s'installa rue Solférino dans l'appartement du rez-de-chaussée à gauche, Installation luxueuse pour des jeunes de familled modestes. La grand-mère avait acheté une jolie chambre en chêne style Henri II faite par un ébéniste ami, équipée d'un "cul de lit" de double rideaux fort bourgeois. Quand au patron paternaliste mais généreux, il avait offert une salle à manger certes de qualité plus courante mais ni les parents d'Albert, ni ceux d'Angèle n'avait possédé si bel ameublement.<BR><BR> Albert devait aimer profondément Angèle, chacun avait conscience des qualités de l'autre, mais si Albert n'était pas avare pour la nourriture, ni même pour quelques vacances à Andernos, il ne devait pas toujours être facile à vivre. Il fallait tenir les comptes du ménage au centime près et les distractions étaient rares. Lui, après le repas s'offrait parfois un petit rhum en faisant des exercices de cornet à piston et si le dimanche il était libre ils allaient écouter gratuitement le concert de la musique municipale mais il n'était pas question de se reposer quelques minutes dans un café. Albert avait une sainte horreur des cafés et des jeux de cartes car il avait vu son père non pas boire trop mais dépenser quelques sous qui auraient été si utiles à la mère Léontine ,à des jeux de cartes tante.
Quand en 1904, il eut une fille, il décida qu'Odette serait institutrice ce qui représentait pour lui les trois choses les plus importantes: l'instruction car il avait une réelle soif d'apprendre, un salaire régulier et une retraite. Odette n'eut pas le choix. Elle se devait d'être une très bonne élève pour être reçue aux bourses et ensuite au concours de l'École Normale.
Lui comme il ne pouvait compter sur une retraite et qu'il voyait la dure condition de son beau-père et de son père, très tôt il avait décidé de se constituer un petit capital pour assurer ses vieux jours. Aussi sans être avare, il était économe et comptable! il fallait que toutes les dépenses soient justifiées. Il acheta une première échoppe, en rente viagère à Madame Brun qui devint une amie de la famille. Cette maison située rue Adolphe Thiers fut loué pendant plus de 30 ans à la soeur aînée d'Albert, la tante Inès puis à son fils Robert Sauloua qui la racheta en 1951. Il acheta deux autres échoppes dont une rue de Talence et un petit portefeuille d'actions. <BR>En 1914, il avait 36 ans aussi il ne partit pas dans les tranchées mais il faut tout de même mobilisé 4 ans à Royan puis à Dunkerque dans le service de santé. Le Casino de Royan avait été changé en hôpital et termina à sergent.<BR>La guerre avait profondément modifié son caractère. Billot et Gaden lui avait gardé son emploi mais en 1920 il changea pour la maison Soulée où il était chargé de mettre de l'ordre dans la comptabilité. Son caractère devint difficile, peut-être aussi parce qu'il travaillait trop. Chez Soulée, il devint fondé le pouvoir . Il gagnait mieux sa vie et sa fille était institutrice. C'est lui qui choisit son premier poste Escoussans! près du lieu où il était né !!! il ne rêvait que de calme et c'est à cette époque qu'il avait acheté un bout de terrain à l'Alouette pour s'y reposer le dimanche pour le grand déplaisir de sa femme et de sa fille. Déjà au lendemain du mariage de sa fille il avait eu un sérieux problème de santé probablement une petite attaque mais les scandales financiers de 1930 l'affectèrent beaucoup : l'affaire Stavisky et surtout la banqueroute Vareigne et Barada un agent de change véreux. Non seulement mon grand-père perdit ce qui pour lui était une grosse somme et plusieurs années d'économie mais surtout il avait conseillé à son patron de placer de l'argent dans cette affaire à Noël.
En juin 1931 il eut une congestion grave avec hémorragie méningée. N'arrivant plus à calculer il dut s'arrêter de travailler. Il mourut en juin 1932 après une année fort pénible pour toute la famille multipliant les projets immobiliers ou agricoles qui inquiétaient sa femme mais qui peut-être n'auraient pas été si farfelus que ça. Il était myope mais ne le sut que lorsque son patron l'emmena à l'exposition universelle à Paris vers 1902 et que constatant qu'il ne voyait pas les numéros de bus, il lui fit acheter un pince-nez.
Il est donc mort à 54 ans. ses parents étaient morts assez jeunes vers 1912 , à 58 ans l'un et l'autre. La grand-mère Léontine avait du diabète et de l'albumine et surtout épuisée par le travail (elle avait élevé ses quatre enfants et nourrit 4 autres comme nourrice) Elle avait été aussi très affectée par la mort de son plus jeune fils au service militaire à Auch d'une épidémie de méningite cérébro-spinale.