Informations
Lieu de naissance
Lieu de résidence
Portrait
Il pesait paraît-il!! moins de 2 kg quand il est né un lundi de Pâques après une chute sa mère dans l'église de Petit Palais le jour de Pâques. Ce fut un joli enfant qui porta des anglaises enfin les jours fastes jusqu'à 5 ou 6 ans.Bon élève, on le mit à l'école supérieure ou au cours complémentaire de Libourne à 12 ans alors que lui, ne rêvait que de rester à la terre.
Très jeune il souffrit beaucoup des disputes familiales et des remarques acerbe à l'encontre de son grand-père Valette qui avait perdu tous ses biens. Que de chamailleries pour les versements faits au vieux Fournier ses arrières grands-parents maternels et dus par le grand-père Ernest puisque son père ne pouvait les assurer !. Il en garda toujours rancune à la grand-mère Marie. Quand son père fut mobilisé, au bout de quelques mois la grand-mère Eva accablée par tous les vieux (Ducourège, Fournier) fut bien obligée de le retirer de l'école pour labourer et s'occuper des vignes.
Robert lui était très content mais dès qu'elle le put, elle le remit à l'école à Périgueux, estimant avec sagesse qu'il devait faire des études car la propriété était trop petite pour faire vivre tant de gens. Peut-être est-il parti quand mon oncle Louis a dû lui aussi rentrer à l'école supérieure. Dur, dur pour mon père et pour les études et surtout pour la nourriture infecte et très peu abondante. Il disait que les élèves comptaient les haricots dans leurs assiettes pour s'assurer qu'ils n'en avaient pas un de moins que le voisin et pourtant ces haricots étaient plein de charançons !! Il ne devait pas trop exagéré car de nombreux élèves tombèrent gravement malade, l'oncle Louis eut une pleurésie grave. Il fit son école normale d'instituteur à Périgueux et c'est ainsi qu'il débuta dans la forêt Barade le pays de Jacquou le croquant d'Eugène Leroy. Il fit son service militaire comme sportif à Saint Maixent ?? (je crois) puis il revint en Gironde, à Néac.
C'est l'époque où son oncle Raymond avait une jument pas un pur-sang, mais enfin une bonne jument qui participa à quelques courses au trot et mon père aimait l'entraîner. Il était aussi, par force secrétaire de mairie de Brisson pour un homme pour qui il avait une grande estime (beau-père d'Olivier Guichard) et en principe il devait s'occuper de la comptabilité de la boulangerie coopérative de Néac mais en réalité c'est la grand-mère Eva qui deux fois par semaine venait en bus pour la faire. Il devait être à l'époque gai, aimant la fête et la chasse, peut-être coureur de jupons. En 1927 poussé par sin inspecteur, il épousa ma mère, s'installa à Saint Genès de Castillon en ayant bien précisé qu'il ne quitterait jamais la campagne, la chasse, la vigne et sa famille.
D'ailleurs les premières années dès que mes parents avaient des congés, à vélo, en voiture à cheval puis en 1930 en voiture ils allaient au Palais. Mon père chassait souvent, aimait son métier, sûrement sa femme et sa fille mais je n'ai pas souvenir qu'il se soit occupé de moi sauf pour me gronder! Quand mon grand-père Chassagne mourut c'est lui qui décida de venir à Bordeaux pour faire plaisir à ma mère, et pourtant cela dut lui être pénible mais les jeudis il fallait aller à Petit Palais ainsi que toutes les vacances. Mon père avait déjà beaucoup grossi, ma mère avait toujours été forte aussi il se mirent au régime de la Boldo Florine le soir pendant un hiver tandis que moi j'avais un bon plat de nouilles qui fait que vers 8 ou 9 ans on dut me soigner pour obésité.
Bavard, affable, bon vivant, mon père était très plaisant en public réservant son caractère coléreux, susceptible, autoritaire en famille. Je le craignais trop pour lui parler librement, d'ailleurs s'occupant de ses élèves tous les jours il ne s'occupait pas de moi comme je pense les pères de l'époque. Il avait parfois de l'asthme provoqué par le souffre, le bois vert , l'herbe, et lui qui ne fumait pas, il fumait alors des cigarettes à l'eucalyptus je crois.
Pendant la guerre, ses travaux agricoles se multiplièrent par nécessité, il partait en vélo jusqu'à l'intendance puis en train jusqu'à Libourne ou Coutras et revenait par le même périple avec quelques provisions.
Pendant les vacances, c'était lui qui labourait, sulfatait car son père avait beaucoup perdu de force et c'est même lui qui paya avec les économies faites en 40 par ma mère le Souret, le dernier boeuf du grand-père Ernest.
Mon père avait quelques amis parmi ses collègues mais surtout deux amis : Laroudie avec qui il avait fait l'école normale et qu'il continua à fréquenter bien sûr rarement puisqu'il habitait à Nieul près de Limoges et Henri Lafue son filleul et ami d'enfance mais avec lui les querelles étaient fréquentes et ils sont même restés fâchés 5 ou 6 ans de 1940 à 1945 ou 46. Mon père allait à la chasse, jouait aux cartes quand il était au Palais mais ne se préoccupait pas du tout des distractions de sa femme ou de sa fille. Distractions inexistantes sauf quelques bons repas qui se terminaient invariablement quand le bon vin avait échauffé l'humeur par des querelles vite oubliées par les protagonistes mais qui me gâchait la vie et je pense aussi celle de ma mère. Son père était maire adjoint et à sa mort, mon père devint conseiller municipal à Petit Palais et maire après la mort de Monsieur Raynaud et cette activité lui plaisait bien. À l'époque le maire était le grand conseiller, l'écrivain public le juge de paix des ménages !!!
Que de fois il a dû séparer les époux Couillandau où faire les lettres des uns et des autres ! ses réalisations bien que modeste et à l'échelle de la commune furent un terrain de sport, un petit bois de pin sur un terrain abandonné, l'aménagement de la place face à l'église.
Mes parents allaient au moins deux jours par semaine au Palais le mercredi et le jeudi parfois le samedi pour les mariages ! Fort à tous les sens du terme, la santé de mon père a commencé à saltérer après la cinquantaine quand il s'est cassé le bras et qu'une piqûre antitétanique a provoqué une grave congestion. Il devait déjà souffrir de diabète mais on ne le savait pas. Vers 1965 il a eu de l'angine de poitrine, puis en décembre 66 un infarctus juste après l'opération de l'appendicite de Sylvie et à partir de là sa santé a été très perturbée.
Père sévère et peu attentionné , il fut au contraire un excellent grand-père capable de faire jouer ses petits-enfants et aimait leur raconter plein d'histoires. Finalement sa mort très brutale puisqu'il est tombé mort en quelques secondes dans ma cuisine, fut pour lui ce qu'il souhaitait car il avait très peur de souffrir et d'être diminué.