Saveurs Ancestrales

Informations

Astrologie chinoise
Astrologie chinoise chevre
Signe astrologique
Signe astrologique
capricorne
Couleur des yeux
Couleur des yeux
Taille
Taille
0 cm
Nom :
Angèle Chassagne
Naissance :
01 janvier 1883
Décès :
01 janvier 1956
Nationalité :
Française
Conjoint :
Albert Chassagne (union_libre )

Lieu de naissance

Lieu de résidence

Portrait

Ma grand-mère et aussi ma marraine a beaucoup compté pendant toute ma jeunesse et je constate avec peine et incrédilté que j'ai peu à raconter sur la vie de cette femme, douce et bonne mais qui a toujours ou presque fait passer ses preferences derrières celles de son entourage.<BR>Enfant docile d'une mère très autoritaire et d'un pèretoujours absent, elle a dû être une élève sérieuse qui recopiait avec soin les poésies apprises à l'école sur un beau cahier décoré. Après son certificat d'étude, sa mère l'avait gardé un an pour l'aider un peu au ménage et au magasin mais ensuite elle commença son apprentissage de couturière, plrurant d'être parmi des inconnus et aimant ensuite la gaîté et la camaraderie de l'atelier.<BR>Sa soeur Thérèse de deux ou trois ans sa cadette avait une personnalité plus proche de celle de la grand-mère Constance. Angèle à tout juste 20 ans quand elle épouse Albert Chassagne.Elle s'installe comme locataire au rez-de-chaussée gauche 17 rue de Solférino.Ils sont bien installés pour des gens de leur condition. La grand-mère Hountou a donné un beau trousseau de draps de fil camisoles de pantalons cousus et brodés à longueur de dimanche et une chambre Henri II en chène de bonne qualité avec de superbes tentures qui, 40 ans après ne manquaient pas de charme . Le patron du grand-père et du gendre avait offert une salle à manger avec buffet à deux corps et desserte de qualité moyenne mais c'était tout de même la première salle à manger de la famille. Angèle ne voulait pas se contenter d'astiquer ses meubles mais n'était pas convenable pour une femme mariée de travailler à l'extérieur, alors elle essaya le travailler à son compte avec une petite apprentie qui faisait souvent des sottises et les clients ne payaient pas toujours aussi au bout de quelques années elle abandonna. Son ancienne patronne lui confia un peu de travail à domicile. Angèle était passée de la tutelle d'une mère autoritaire à celle d'un mari juste mais autoritaire, elle devait tenir les comptes de ménage au centime près. Quel drame quand elle perdit une broche en or offerte par son mari ce qu'elle n'osa avouer que 50 ans après. Elle se souvenait des prouesses qu'elle avait dû faire pour économiser sous par sous pour racheter la même. Sa seule distraction était la lecture. Ce n'est que plus tard qu'on vit qu'elle n'y voyait bien que d'un œil.<BR><BR>En 1915, son mari est en mobilisé, quand Odette entra à l'École Supérieure rue de Cheverus, voyant que les économies fondaient, elle décida sûrement contre l'avis de son mari de postuler pour un emploi de secrétaire au QG de l'armée rue de Cursol.Son sérieux fut apprécié, elle obtint même une meilleure place et la garda jusqu'en 1923 c'est à dire à la sortie d'Odette de l'école normale.<BR> Ma grand-mère a souffert toute sa vie de fortes migraines qu'elles ne soignaient qu'avec de l'eau fraîche et de l'obscurité. Elle sut faire preuve toute sa vie de beaucoup d'abnégation, pour soigner son mari puis devenue veuve à 49 ans elle décida de prendre avec elle sa mère en 1934 trop âgé pour tenis encore son commerce et dont les ressources étaient encore plus limitées que les siennes.<BR> <BR>Quand sa fille et son gendre s'installèrent à Bordeaux, elle s'occupa beaucoup de moi, toujours prête à faire des robes à sa fille et à sa petite fille, à offrir l'abonnement aux matinées classiques ou une représentation salle Franklin, et un pain aux raisins après le catéchisme. La guerre de 40 augmenta la gêne des deux femmes. Les loyers n'augmentaient pas, les coupons bien peu nombreux . c'est alors que mes parents firent table commune, ce qui permettait de vivre le moins mal possible, un seul chauffage de tourbe ou de son !<BR><BR> La grand-mère Hountu installait sur ce poêle une casserole ou mijotait les épluchures de légumes qui servaient à nourrir deux poules au jardin.<BR>Après la guerre, la cohabitation se prolongea.Quand Angèle dût se faire faire un dentier, elle dut vendre le cornet à piston du grand-père. En 1946 il fallut l'opérer de la totale d'urgence alors que depuis des mois elle souffrait en silence. Elle s'épuisa ensuite à soigner sa mère qui ne put quitter son lit pendant un an et demi avant sa mort.<BR>Quand ma grand-mère constance mourut un drame…. le mot n'est pas trop fort ébranla la maison, non pas le chagrin de sa disparition. Un proche c'était plutôt du soulagement après une si longue agonie de ce grand vieillard qui gémissait sans arrêt avec un aspect agard qui n'avait plus guère de rapport avec la femme digne d'autrefois, non le drame venait de la maison. La grand-mère avait bien fait un testament pour avantager sa fille Angèle qui l'avait aidée depuis tant d'années . C'était son gendre qui avait payé les dernières dettes concernant la maison mais le grand père François n'avait pas fait de testament et aux yeux de la loi. Camille Desmoulins , le fils de Thérèse avait droit au 17/ 48 de la maison. Il fallait donc trouver un accord avec le pauvre Camille et surtout son redoutable oncle qui espérait bien profiter de l'héritage. Expertise, contre expertise on put croire qu'il faudrait vendre et partir, c'était un crève-cœur pour maman et moi aussi.<BR>L'expert commis par Camille Desmoulins, monsieur Tapie était un ami de mon père et il fit une expertise raisonnable pour les deux parties. Marraine décida de vendre très peu cher les deux maisons qui lui restaient, se privant ainsi de l'essentiel de ses ressources et faisant mettre au nom de ma mère et de mon père ces 17/ 48e. Il ne lui restait que 5 ans à vivre, menacée par l'opération de la cataracte qui semblait bien aléatoire à l'époque et aussi par un cancer cutané sur sa cicatrice. <BR>Elle a eu la joie de voir son arrière-petite-fille Sylvie pendant 2 mois. Le jour de la fête des mères alors que Jean naviguait encore, elle me la porta un minuscule bouquet de rose trémière à la main. C'est le jour où j'ai repris mon service à Cadillac qu'elle est morte d'une embolie (pas pulmonaire) en se levant et que le chagrin me donna la plus énorme énorme poussée d'exzema de ma vie.<BR><BR>Dans cette « mémoire familiale » il me faut inclure la maison, elle n'a rien d’un château mais elle a beaucoup compté pour la famille de génération en génération et elle compte beaucoup pour moi. Constance et François Hountou s’étaient lancés dans une entreprise ambitieuse pour leurs moyens. C'était une échoppe double qu’ils avaient envisagée et c’est le patron du grand-père qui leur avait conseillé de faire une maison à 4 appartements pour assurer leurs vieux jours, paternaliste certes mais de bon conseil. Pendant 50 ans la maison changea peu juste la construction des trottoirs, l’ouverture vers 1890 une première fenêtre rue Etcheto dans un « cabinet » central qui servait à la fois de cuisine et de chambre à Angèle et Thérèse au rez-de-chaussée.<BR>Au début du 20e siècle l'eau fut apportée aux éviers avec d'énormes réservoirs en zinc aux étages car le château d’eau n'alimentait qu'à certaines heures. Vers 1905, Angèle fit fermer la véranda coté gauche en bas. En 1938 on déplora la construction d'une haute maison mitoyenne du jardin mais pas de travaux faute de moyens.